Un PSE massif dans un climat social devenu intenable

La situation sociale au sein de la FEPEM atteint aujourd’hui un niveau d’alerte majeur. Alors que la fédération des particuliers employeurs traverse une crise profonde depuis plusieurs mois, la Direction a engagé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) prévoyant la suppression de 42 postes sur un effectif d’un peu plus de 120 salariés, soit près d’un tiers des effectifs.

Lors d’une réunion d’information organisée le 4 mai dernier, la direction a présenté les grandes lignes d’un projet de réorganisation d’ampleur : suppression de services entiers, externalisations, fusions de directions, réduction des implantations territoriales, déménagement des locaux et recours accru à la sous-traitance.
Pour les salariés, ces annonces ont provoqué stupeur, colère et inquiétude.

Une crise profonde qui ne date pas d’hier

La crise que traverse aujourd’hui la FEPEM s’inscrit dans un contexte de fortes turbulences institutionnelles et de remise en cause de sa gouvernance.

En 2024, plusieurs plaintes ont été déposées visant l’ancienne présidente historique de l’organisation, Marie-Béatrice Levaux, notamment pour des faits présumés d’abus de confiance et de corruption passive d’agent privé. À la suite de ces signalements, des enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris.

Quelques mois plus tard, un rapport de la Cour des comptes est venu pointer des situations de conflits d’intérêts entre la FEPEM et un organisme de formation fondé et dirigé par Marie-Béatrice Levaux.
Ces révélations ont profondément fragilisé l’image et la crédibilité de l’organisation.

Dans le même temps, la FEPEM a subi plusieurs revers majeurs :

  • perte de ses 340 sièges prud’homaux,
  • perte de son monopole historique de représentativité,
  • perte de son siège au CESE.

La Direction justifie aujourd’hui le PSE principalement par la perte d’une partie importante des financements liés à la baisse de sa représentativité.

Mais pour de nombreux salariés, cette situation ne peut être résumée à une simple baisse de ressources. Plusieurs voix internes dénoncent une gouvernance défaillante, des choix stratégiques contestables et une gestion ayant conduit à l’affaiblissement progressif de l’organisation.

Un projet de PSE fortement contesté

Depuis l’annonce du projet, le Comité social et économique (CSE) travaille avec l’appui de ses experts afin d’analyser la situation économique et les conséquences sociales du projet. Les premiers retours des expertises mettent en évidence plusieurs points de vigilance majeurs.

Le CSE estime notamment que les éléments économiques transmis par la Direction restent incomplets et discutés. Le projet apparaît par ailleurs « surdimensionné » au regard des 42 suppressions de postes envisagées.

Les représentants du personnel alertent également sur les nombreuses fragilités de l’organisation cible envisagée par la direction :

  • justification insuffisante des choix d’organisation,
  • impacts significatifs sur les conditions de travail,
  • risques organisationnels et psychosociaux,
  • dépendance accrue à la sous-traitance.

Des suppressions de postes massives et des choix incompris

Le projet présenté prévoit notamment :

  • la disparition du service des relations clients,
  • l’externalisation de certaines activités,
  • la fusion des directions RH et Juridique,
  • la réintégration de l’observatoire de l’emploi à domicile au sein de la FEPEM,
  • La suppression de sa cellule nationale de la direction du développement territorial,
  • un plan de départs volontaires,
  • Un déménagement pour opérer une réduction drastique de ses frais locatifs.

Dans le même temps, la Direction affirme vouloir poursuivre des investissements importants dans la communication et les projets technologiques.

Une orientation difficilement compréhensible pour les représentants du personnel et les salariés, qui s’interrogent : pourquoi maintenir des dépenses importantes en communication et en prestations externes alors que des dizaines d’emplois sont menacés ?

Des mesures d’accompagnement jugées insuffisantes

Autre sujet majeur d’inquiétude : les dispositifs d’accompagnement proposés dans le cadre du PSE.
Selon les analyses présentées au CSE, les mesures de reclassement interne et externe ne permettent pas, à ce stade, de garantir de véritables solutions sécurisées pour les salariés concernés.

Les représentants du personnel dénoncent également une construction des catégories professionnelles jugée incohérente et peu lisible, soulevant des interrogations importantes en matière d’équité et de ciblage des mesures d’accompagnement.
Pour le CSE et les organisations syndicales, les dispositifs actuellement proposés doivent être nettement renforcés.

Un climat social particulièrement dégradé

Au-delà des chiffres, c’est bien le climat social qui inquiète aujourd’hui le plus les salariés. Plusieurs témoignages font état d’un profond malaise interne, d’une perte de confiance envers la direction et d’un sentiment d’abandon.
« Nous vivons depuis deux ans dans un climat social intolérable », confie ainsi une source interne.
Les salariés décrivent une organisation sous tension permanente, marquée par l’incertitude, l’épuisement et l’inquiétude face à l’avenir.

Dans cette période particulièrement difficile, le SMA-CFDT apporte tout son soutien aux salariés de la FEPEM et à leurs représentants, mobilisés pour défendre les emplois, les conditions de travail et la dignité des personnels.

Un PSE ne peut devenir la seule réponse à des difficultés dont les salariés ne sont pas responsables.

La transparence, le respect du dialogue social et la recherche de solutions alternatives doivent désormais être au cœur des négociations.

Publications similaires